Incipit : débuts de livres

Ce terme désigne les premières lignes d’un récit écrit. Il peut s’agir de la première phrase ou d’un ou plusieurs paragraphes. Sa longueur n’est pas définie et ne suit aucune règle. Souvent, des débuts de livres intrigants nous poussent à poursuivre notre lecture.

Son importance est primordiale puisqu’il représente le premier contact du lecteur avec l’ouvrage. Il doit lui donner envie d’aller plus loin afin d’en découvrir davantage. Il a pour ambition de happer le lecteur dans l’histoire.

C’est pourquoi l’incipit se doit d’être percutant. En quelques phrases, son rôle est d’attirer et de garder l’attention du lecteur.

Ils sont caractérisés par différents types et permettent à l’auteur de :

  • donner envie
  • interroger
  • surprendre
  • faire voyager dans le temps
  • dépayser
  • attiser la curiosité
  • …etc…

Et c’est précisément cette variété d’approches que j’apprécie dans les débuts de livre. Nous ne savons jamais à l’avance par quel tourbillon nous allons être emportés. Le talent de l’auteur donne le ton en quelques phrases seulement.

Mon expérience de l’incipit

J’ai très envie aujourd’hui de partager avec vous un moment que j’affectionne tout particulièrement dans l’acte de lire : la lecture des premières phrases ou du premier paragraphe.

Certains lisent la dernière phrase avant de commencer leur lecture. Pour moi c’est un sacrilège ! En général, pour faire mon choix, je lis une phrase ou deux prises au hasard au milieu du livre. Elles s’avèrent alors souvent incompréhensibles. Mais mon petit bonheur, c’est le moment où je retrouve cette phrase au fil de ma lecture : car là, tout s’éclaire !

Et seulement ensuite je lis les premières phrases, du premier paragraphe, de la première page…

C’est un plaisir tout particulier car cela représente pour moi une sorte de promesse. La promesse d’un plaisir de lecture à venir. Là, tout est encore possible…

aux débuts des livres tout est possible
En ouvrant un livre tout devient possible…

Je vous propose donc des débuts de livres que j’ai déjà lu ou qui font partie de ma PAL, “pile à lire”… Vous savez, celle qui prend tant de place près de la tête de lit ou légèrement dissimulée derrière le canapé !… Et qui ne cesse de grandir à la hauteur de nos envies intarissables de lecture…

pal pile à lire
Pile à lire…

Ces quelques phrases, offertes à votre curiosité, représentent le tout début d’une aventure… même pas de quoi vous jeter dans le récit, juste suffisant pour retenir votre attention et vous inciter à aller plus loin.

Mes 10 débuts de livres inspirants

“La métamorphose” Kafka (1915)

—“En se réveillant un matin après des rêves agités, Gregor Samsa se retrouva, dans son lit, métamorphosé en un monstrueux insectes”—

“Antigone” Jean Anouilh (1946)

—“Voilà. Ces personnages vont vous jouer l’histoire d’Antigone. Antigone, c’est la petite maigre qui est assise là-bas, et qui ne dit rien. Elle regarde droit devant elle. Elle pense. Elle pense qu’elle va être Antigone tout à l’heure, qu’elle va surgir soudain de la maigre jeune fille noiraude et renfermée que personne ne prenait au sérieux dans la famille et se dresser seule en face du monde, seule en face de Créon, son oncle, qui est le roi. Elle pense qu’elle va mourir, qu’elle est jeune et qu’elle aussi, elle aurait bien aimé vivre”—

“La promesse de l’aube” Romain Gary (1960)

—” C’est fini. La plage de Big Sur est vide, et je demeure couché sur le sable, à l’endroit même où je suis tombé. La brume marine adoucit les choses ; à l’horizon, pas un mât ; sur un rocher, devant moi, des milliers d’oiseaux ; sur un autre, une famille de phoques : le père émerge inlassablement des flots, un poisson dans la gueule, luisant et dévoué”—

“Cent ans de solitude” Gabriel Garcia Marquez (1967)

—“Bien des années plus tard, face au peloton d’exécution, le colonel Aureliano Buendia devait se rappeler ce lointain après-midi au cours duquel son père l’emmena faire connaissance avec la glace”—

“Le monde selon Garp” John Irwing (1978)

—” La mère de Garp, Jenny Fields, fut arrêtée en 1942 à Boston, pour avoir blessé un homme dans un cinéma. Cela se passait peu de temps après le bombardement de Pearl Harbor par les Japonais, et les gens manifestaient une grande tolérance envers les militaires, parce que, brusquement, tout le monde était militaire, mais Jenny Fields, pour sa part, restait inébranlable dans l’intolérance que lui inspirait la conduite des hommes en général et des militaires en particulier”—

“Las Vegas Parano” Hunter S. Thompson (1972)

—“Nous étions quelque part dans le coin de Barstow aux abords du désert quand les drogues ont commencé à nous travailler”—

“La servante écarlate : the handmaid’s tale” Margaret Atwood (1985)

—“Nous dormions dans ce qui fut autrefois le gymnase. Le sol était en bois verni, avec des lignes et des cercles tracés à la peinture, pour les jeux qui s’y jouaient naguère ; les cerceaux des paniers de basket-ball étaient encore en place, mais les filets avaient disparus”—

“1984” George Orwell (1949)

—“C’était une journée d’avril froide et claire. Les horloges sonnaient treize heures. Winston Smith, le menton rentré dans le cou, s’efforçait d’éviter le vent mauvais. Il passa rapidement la porte vitrée du bloc des « Maisons de la Victoire », pas assez rapidement cependant pour empêcher que s’engouffre en même temps que lui un tourbillon de poussière et de sable”—

“Mali, Ô Mali” Erik Orsenna (2015)

—“Peut-être voyagent-ils les pays, tout comme les oiseaux ? Peut-être qu’ils s’ennuient à toujours demeurer au même endroit de la Terre ? Quand je les ai vues, ses femmes multicolores, sur le pas de ma porte, je me suis dit : ” ça y est, Marguerite, le Mali se languissait de toi. Il est venu te rendre visite”. Quelle soudaine bouffée de gaieté dans mon petit immeuble de la place des Neuf-arpentes, Villiers-le-Bel, 95400 !”—

“Charlotte” David Foenkinos (2016)

—“Charlotte appris à lire son prénom sur une tombe. Elle n’est donc pas la première Charlotte. Il y eut d’abord sa tante, la sœur de sa mère. Les deux sœurs sont très unies, jusqu’à un soir de novembre 2013”–

Le bonheur est dans les débuts de livres

Comme vous avez pu vous en rendre compte, les débuts de livres peuvent revêtir de nombreux styles. Cependant, c’est chacun à sa manière qu’ils nous entrainent dans le fond de l’histoire.

Il m’arrive parfois de parcourir le premier paragraphe de certains livres qui constituent ma bibliothèque, et que j’ai lu il y a longtemps déjà… Cela, juste pour le plaisir de me replonger dedans, en quelques rapides minutes.

bibliothèque

En tant qu’auteure débutante de nouvelles, j’aime ce moment de recherche de l’incipit parfait : accrocheur et original.

L’incipit représente une sorte de clé qui ouvre sur l’univers de l’auteur.

Je vous proposerai à l’avenir d’autres articles dans ce même thème des débuts de livres (2 ou 3 fois par an)…

C’est juste une volonté égoïste de ma part car j’apprécie beaucoup ces quelques instants de lecture, ces prémices jouissifs, qui permettent d’entrer dans un livre comme on entre dans un sanctuaire…

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2 Replies to “10 débuts de livres inspirants”

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