Qu’est-ce que l’autocritique ?

La définition de l’autocritique que nous pouvons trouver dans le dictionnaire est la suivante : “jugement, critique de son propre comportement ou travail”.

Pour un écrivain, cela revient à apporter un jugement, le plus objectif possible, sur son travail d’écriture, sur un écrit en passe d’être terminé. Cependant, l’objectivité est très compliquée à atteindre lorsque nous sommes confronté à notre propre travail. Ceci est d’autant plus vrai que l’écriture est un acte très personnel, empreint d’émotion et souvent issu de notre propre expérience lorsque ce n’est pas carrément une partie de soi qui est relatée ou exposée.

C’est pourquoi il s’avère indispensable que l’autocritique soit réalisée de manière constructive et qu’elle fasse partie intégrante du travail global d’écriture (au même titre que les recherches préliminaires, la rédaction du texte ou la relecture du manuscrit…).

L’autocritique est un travail précis et méticuleux qui demande une certaine remise en question. Elle impose des ajouts mais aussi surtout des suppressions ; et c’est là que la difficulté commence. Mais rassurez-vous, cela s’apprend…

L’autocritique comme étape de travail à part entière

La finalité de l’autocritique réside dans l’amélioration de la qualité de ses écrits.

Malgré toute l’attention que vous avez pu porter à l’écriture, de la syntaxe au choix de chaque mot afin qu’ils soient le plus riche possible en passant par des dialogues percutants, il se peut que des maladresses se soient glissées tout de même dans le corps du texte.

L’analyse que vous prenez le temps de faire va vous permettre de repérer des tournures malavisées ou carrément des erreurs chronologiques ou d’autres sortes qui vous auraient échappées.

autocritique et correction
Autocritique et correction

Lors de la rédaction, l’écrivain compose son récit en fonction du plan établi en amont ; c’est-à-dire ce qu’il veut retrouver dans son texte en terme d’émotion et de message…

C’est seulement une fois que le texte est écrit que l’auteur peut juger de la cohérence et de la pertinence du résultat avec son intention première.

Comment travailler son autocritique ?

Critiquer ses propres écrits s’apprend comme tout apprentissage par une pratique répétée. Cette approche peut sembler dévalorisante pour le travail accompli car elle est à l’affût de l’erreur mais c’est en fait exactement l’inverse.

Afin qu’elle soit efficace, l’autocritique doit être suffisamment structurée et apporter un jugement objectif.

Effectivement, cette tâche prend un peu de temps… mais je vous assure qu’il s’agit de temps gagné au moment de la relecture !

Une check-list pour s’y retrouver

Le plus simple est d’établir une liste des différents aspects à analyser et sur lesquels un travail précis permet de gagner réellement en qualité.

Dès cette liste établie, il ne reste plus qu’à débusquer les erreurs et les corriger.

Ma check-list personnelle

J’ai établi une check-list qui m’est tout à fait personnelle. Elle consiste à me poser quelques questions ciblées afin d’analyser mes écrits. Mon autocritique s’appuie sur les réponses que je peux donner à ces questions et les réponses adaptées que je peux apporter.

Je réalise l’autocritique constructive de mes écrits chaque fois que je termine un nouveau chapitre :

  • après le premier jet
  • avant de passer au chapitre suivant

L’examen de mes écrits est une étape obligée avant de passer à la suite. Si la qualité n’est pas au rendez-vous, inutile d’aller plus loin. J’aime bien travailler par “blocs” : valider le travail actuel avant de poursuivre.

Un “bon” texte doit pouvoir répondre à certaines attentes. C’est pourquoi je me suis préparer une liste de cinq questions.

Si vous voulez essayer ma technique, je vous expose ci-dessous mes étapes de réflexion. Je les ai organisées dans cet ordre car il me parait assez judicieux pour une progression adaptée.

1/ Est-ce que mes personnages sont cohérents ?

La crédibilité des personnages est indispensable afin que le lecteur puisse s’identifier et entrer dans le vif du sujet. Les personnages doivent être tout à fait humains.

Cette crédibilité doit impérativement passer sous l’œil de l’autocritique.

Dans le même esprit, les propos tenus par les personnages se doivent d’être réalistes. C’est souvent dans les dialogues que les personnages montrent leur richesse et leur vraisemblance.

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personnages cohérents
Personnages cohérents ?

2/ Est-ce que l’intrigue est clairement développée ?

L’écrivain est le détenteur d’une histoire qui a tout d’abord grandi dans son imaginaire avant d’être couchée sur le papier. Le récit doit être aussi clair que possible afin de ne pas “perdre” le lecteur dans des méandres nébuleux.

Le lecteur veut pouvoir comprendre se qu’il lit sans devoir s’y reprendre à plusieurs fois pour assimiler où l’auteur veut en venir…

La clarté et la simplicité sont toutes deux garantes d’un récit de qualité ; car il est souvent plus aisé de faire compliqué…

L’autocritique revient à chercher ce qui pourrait paraitre confus ou flou. Il s’agit d’une des étapes les plus difficiles car, par essence, l’écrivain connait le moindre des évènements du récit ; et même ceux qui lui semblent tellement aveuglants qu’il n’a parfois pas pris la peine de les écrire, trompé par l’évidence qui est la sienne.

C’est pourquoi des relecteurs sont souvent nécessaires pour appréhender le texte sans a priori, avec un regard neuf, sans connaissance préalable des faits.

Il est également très important de vérifier la chronologie de l’histoire. De la même manière, les erreurs anachroniques sont vraiment à déceler et corriger afin de ne pas rebuter le lecteur.

3/ Est-ce que les indices de l’intrigue sont logiquement disséminés ?

Toute intrigue est pourvue de suspense dont les indices sont laissés ça et là afin de créer un dynamisme dans le récit. Le suspense n’est pas réservé à certains types de littératures comme le polar ou le thriller même s’il s’y trouve exacerbé.

Le suspense est ce petit plus qui accroche le lecteur. Afin qu’il soit parfaitement mis en valeur, des indices doivent être disséminés en toute discrétion. L’autocritique permet de vérifier s’ils sont bien présents et s’ils ne sont pas trop grossiers pour gâcher l’effet de surprise.

4/ Est-ce que le choix des mots est optimisé ?

Un texte de qualité est un texte qui va à l’essentiel avec une concision et une précision largement travaillées.

Le choix de chaque mot, la syntaxe de chaque phrase, la structure de chaque chapitre doivent être optimisés.

Chaque mot requiert votre attention et doit faire l’objet d’une autocritique approfondie.

5/ Est-ce que mon récit véhicule les émotions attendues ?

Nous n’écrivons rarement pour nous seul (ou bien il s’agit d’un journal intime). Nous écrivons généralement pour être lu, pour diffuser des informations, des émotions.

L’écriture pour l’auteur et ensuite la lecture pour le lecteur sont des sources d’émotions nombreuses et variées.

Le lecteur attend quelque chose de ses lectures : un voyage imaginaire et émotionnel. C’est pourquoi vous vous devez de donner cette émotion de façon certes subtile mais affirmée.

Transcrire des émotions est une chose très compliquée. Il convient d’être dans la mesure pour ne pas en faire trop mais assez pour véhiculer des sensations. L’autocritique est nécessaire afin de trouver la justesse qui s’impose.

L’autocritique pour mieux écrire

Le travail d’autocritique est une étape obligée afin d’offrir un texte de qualité.

Elle nécessite un détachement, pas toujours facile, pour jauger et juger votre travail avec un œil objectif :

  • remettre chaque mot sur la sellette avant sa validation définitive.
  • supprimer certains passages pour lesquels l’auteur s’est cependant beaucoup investi
  • rendre le récit plus clair
  • enrichir ses personnages
  • retravailler des passages qui vous tiennent à cœur mais qui n’ont pas d’intérêt pour le lecteur
  • etc…

L’acte d’autocritique peut être vécu comme une remise en question de tout le travail durement réalisé mais il est avant tout une opportunité d’enrichir votre écriture. Il ne faut pas que l’autocritique vous effraye… Pratiquez-la avec objectivité et bienveillance, c’est là que réside le secret…

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2 Replies to “Pratiquer l’autocritique pour mieux écrire”

  1. Je partage ton opinion, l’autocritique est absolument nécessaire. Pour qu’elle fonctionne correctement, j’ai besoin de laisser reposer mon texte quelques jours, minimum une semaine, pour y revenir avec un œil neuf. Le recours à un(e) béta lecteur(rice) vient ensuite. Enfin presque car j’ai choisi de publier mon premier jet à raison d’un chapitre par semaine. C’est un défi dans lequel je me suis engagée pour me motiver à avancer régulièrement. J’ai découvert ton blog grâce à l’événement interblogueur d’Olivier Roland. J’attends tes prochains articles avec impatience.

    1. quelle belle motivation dont tu fais preuve ! l’autocritique apporte tellement. mais pas toujours évident de remettre en question ce que nous avons écrit. merci pour l’intérêt que tu portes à mes articles.

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