De l’importance de la fin

Arriver à la fin d’un récit représente une étape importante dans la rédaction de votre texte.

Une qualité égale du début à la fin

J’ai précédemment évoqué l’intérêt d’un incipit efficace (début de texte) pour capter l’attention du lecteur. Il faut être conscient que la fin revêt le même aspect capital afin de ne pas décevoir votre lectorat.

la fin d'un récit
Une fin de récit de qualité pour ne pas décevoir son lecteur

Il est très dommageable de terminer un récit par une fin qui n’est pas à la hauteur. Laisser le lecteur sur une mauvaise impression décrédibilise l’ensemble de votre travail. Même s’il a apprécié votre style, vos idées et votre histoire, il risque d’oublier tout cela pour ne retenir qu’une fin bâclée, inappropriée ou mal rédigée.

La fin doit s’écrire en fonction du récit et ne pas dénoter par rapport à celui-ci.

Clore une histoire

La fin de récit ne peut se dissociée de l’ensemble de l’histoire. Elle représente son aboutissement, la résolution de l’intrigue principale, le moment où l’histoire n’a plus rien à donner, normalement tout a été dit à ce moment là…

Pour être efficace, une fin efficace suit quelques règles, même si toutes les règles peuvent être transgressée. La fin doit être :

  • clairement compréhensible (même si il s’agit d’une fin ouverte)
  • cohérente avec le corps du texte (ne pas tomber de nul part)
  • apte à susciter une émotions (ne pas laisser le lecteur indifférent)

Il est évident que le soin apporté à la fin du récit n’est pas une option mais une réelle obligation ! Céder à la facilité serait une grave erreur.

Les différents types de fin de récit

Les angles d’approche de la fin de récit

Deux angles se dégagent dans la rédaction de la fin de récit :

  • une vision fermée : tout est dit et se termine pour de bon. L’intrigue est entièrement résolue. Cependant il faut savoir qu’une fin fermée peut aussi bien être positive que négative.
  • une vision ouverte : tous les possibles sont envisageables pour la suite des évènements.

Les types de fin de récit

De nombreuses possibilités s’offrent à l’écrivain afin de terminer son récit. Le choix s’impose à lui en fonction de son style, du corps du texte, du message qu’il souhaite faire passer à son lecteur…

Suivent quelques types de fins envisageables parmi tant possibles.

Un retour à la situation de départ

La fin rappelle une situation initiale afin d’en préciser l’évolution et les changements. Les personnages sont ramenés en parallèle avec le début du récit afin de montrer au lecteur d’où il est parti et où il arrive.

Cela permet de clore l’histoire à la façon “d’une boucle bouclée”.

Une chute pleine de surprise

Le récit se termine avec une chute surprenante à laquelle le lecteur ne s’attendait pas.

La chute est un des éléments fondateurs de l’écriture de Nouvelles même si elle apparait aussi dans d’autres genres littéraires. Un bon thriller tient son lecteur en haleine jusqu’à la fin avec une résolution et un dénouement parfois très imprévisible avec un retournement de situation.

Une fin tragique avec un espoir

Même si l’histoire se termine de façon tragique, la fin ouverte permet d’entrevoir de meilleurs jours et même de l’optimisme.

Ce type de fin laisse supposer qu’une suite est possible, tout n’est pas irrémédiablement fini. Les derniers mots permettent généralement de montrer une autre direction où un avenir est envisageable.

Une fin tragique sans espoir

Ce type de fin existe car ce ne sont pas toujours les bons qui gagnent… Parfois le personnage principal est mort ou définitivement vaincu sans espoir de se relever.

Une fin heureuse

Nous pensons immédiatement aux contes ou à la plupart des romans de la littérature romantique qui suivent une trame qui mène irrémédiablement à un final positif.

Le lecteur referme le livre avec un sourire. Il est empli d’un sentiment d’accomplissement, de béatitude. Les évènements se sont déroulés comme il le souhaitait. La fin correspond à ses attentes.

Un questionnement

La fin laisse le lecteur en proie à un certains nombres de réflexions issues de l’histoire et de l’articulation des évènements.

Souvent il est question de morale qui renvoie à l’éthique et à la conscience du lecteur.

Les différents procédés utilisés pour valoriser une fin de récit

Plusieurs procédés permettent de mettre en texte la fin du récit. Chacun peut s’adapter à tous les types de fin même si certains sont lourdement connotés.

Le récit peut donc se terminer par :

  • une description, avec un nouveau lieu qui apparait ou un paysage qui s’estompe peu à peu…
  • un portrait, avec les traits d’un personnage du récit (tirés ou détendus après l’épreuve ; vieilli suite au temps qui est passé…) ou un nouveau personnage par lequel l’avenir s’annonce…
  • une réflexion, qui entraine le lecteur vers des pensées philosophiques, vers une leçon de vie ou de moralité…
  • un dialogue, dont les paroles qui terminent le récit sont lourdes de sens…
  • une questions ouvertes, à laquelle le lecteur se doit de répondre…
  • etc…

Conseils pour écrire une fin de récit efficace

Écrire la fin avant toute chose

Certains grands auteurs, non avares de conseils, incite à écrire la fin du récit avant même d’écrire la première phrase.

“Pour être sûr d’avoir une fin surprenante, il vaut mieux commencer par écrire la fin puis le cheminement qui empêchera de la trouver”.

Bernard WERBER

Ils sont nombreux à donner ce conseil avisé. ainsi l’auteur sait précisément où ses mots doivent le guider.

Écrire plusieurs fins

Pourquoi ne pas tester plusieurs fins ? Écrivez-en quelques unes avant de commencer et voyez, une fois le texte terminé, celle qui convient le mieux.

Ce conseil peut paraitre étrange à certains (dont je fais partie) mais il parait qu’il peut s’avérer pratique (je n’ai pas encore testé).

Ne résoudre l’intrigue que dans les dernières phrases

Faites en sorte que tout converge vers la fin du récit en ne dévoilant les tenants et les aboutissants qu’en tout dernier lieu.

En donnant les clés des évènements le plus tard possible, vous faites de la fin le rebondissement de l’intrigue.

Les enjeux de la fin de récit

Ils sont doubles puisqu’ils agissent communément sur le lecteur et sur l’auteur.

Les enjeux pour le lecteur

La fin de récit est le dernier contact du lecteur avec l’œuvre :

  • les personnages auxquels il a normalement du s’attacher
  • les lieux dans lesquels il a évolué avec ces personnages
  • l’intrigues qui l’a tenu en haleine depuis la première page
  • le style d’écriture de l’auteur auquel il s’est habitué et qui lui a raconté l’histoire
  • etc…

Il est parfois difficile pour un lecteur de quitter tout un univers qu’il a apprécié. C’est pourquoi il a certaines attentes quant à la qualité de cet ultime partie du récit. Une déception précisément à cet instant prend une plus grande ampleur que n’importe où dans le récit.

Les enjeux pour l’auteur

Écrire le mot “fin” (même virtuellement dans son esprit) représente une étape importante pour l’auteur qui termine là son aventure avec un univers qui ne reviendra pas et sur lequel il a travaillé pendant des mois voire des années (certaines gestations étant plus longues que d’autres).

La fin de récit doit être empreinte d’une certaine force afin de marquer les esprits. Certains auteurs affirment se surpasser dans les trois ou quatre dernières phrases pour aller en ce sens.

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3 Replies to “Soigner ses fins de récits”

  1. Merci pour cet article complet et intéressant ! Jusqu’à maintenant j’écrivais mes fins de romans au feeling (avec une préférence pour les fins ouvertes), mais les différents angles d’approche que tu présentes ici me donnent envie de plus travailler mes fins à l’avenir.

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